L’heure du Loup, à Marsillargues, clôturait hier sa saison 2025/2026 avec le projet de Ferdinand Doumerc, Parade. Une programmation encore une fois excellente, et que l’on aimerait voir perdurer !
C’était un grand plaisir hier soir, d’aller écouter Parade, le projet actuel emmené par Ferdinand Doumerc. Le Toulousain a monté un trio acoustique hors type, avec Jiang Nang à la cithare chinoise et Louise Grévin au violoncelle. Pas d’électricité, ni de batterie – dont on verra d’ailleurs un peu plus tard qu’il n’est nul besoin, chaque instrument pouvant parfaitement en faire office, lorsque frappé de la manière adéquate. Aux compositions, au saxophone, au métallophone ainsi qu’à quelques petites cloches, Ferdinand Doumerc a conçu Parade comme un recueil d’histoires, où l’aventure est toujours au coin de l’accord. Si le guzheng (c’est son nom savant) guide en partie l’harmonie en raison de sa conception pentatonique, Parade voyage sans préavis d’une folk chinoise à des accents de jazz, d’incursions contemporaines en désaccords maitrisés. On se laisse emporter par ces trois instrumentistes talentueux à la fausse désinvolture, entre rêves et voyages par-delà les montagnes, ou bien la mer, calme, mais pas toujours. En rappel, la reprise de Misirlou, classique des années 30, passé au surf dans les années 60 et remis au goût du jour à l’époque par Pulp Fiction, a même réussi à mettre la salle Jean-Claude Carrière debout.
Je suis le travail de Ferdinand Doumerc de loin en loin depuis plus de vingt ans. Je l’avais découvert au sein de la Face Cachée des Sous-Bois, en trio avec Julian Babou et Sonny Troupé lors d’un concert en Guadeloupe à LaKasa, puis réécouté plus récemment avec son projet Pulcinella. J’ai toujours apprécié son inventivité, son décalage artistique. Il en fait encore preuve avec Parade, largement aidé par l’énergie communicatrice de Louise Grévin et la maitrise tout en délicatesse de Jiang Nang. On adorerait que ce projet aboutisse à un enregistrement, avant probablement de nouvelles aventures pas encore écrites.
Quelques photos (à ne pas trop agrandir, il y a du bruit…)









